Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
Document Actions

Eglise Sts Pierre et Paul

Michel Vogt d’après un texte du chanoine Xavier Ohresser.

L’église paroissiale saint Pierre et saint Paul fut construite entre 1865 et 1870 dans le style néogothique par Eugène Petiti architecte et les entrepreneurs Jean Baptiste Perisse de Badonviller (1865-1867), Jean François Connard (1867-1868) et Florent Rudloff (1868-1871).
Au chœur, réalisées entre 1897 et 1899 des fresques du peintre alsacien, Martin Ritter von Feuerstein(1856-1931) natif de Barr. Elles représentent selon une heureuse disposition, des sujets de l’Ancien et du Nouveau Testament qui ont trait à l’Eucharistie : au fond, à gauche, la cène ; à droite, comme pendant, les disciples d’Emmaüs ; à gauche, la Nativité, le Serpent d’airain, les sacrifices de Noë et d’Abel ;du côté opposé, la multiplication des pains, la pluie de la manne, les sacrifices d’Abraham et de Melchisédech.
Dans le transept nord, l’autel du Saint-Sépulcre(1504) attribué à Veit Wagner de Strasbourg , est encadré des statues des saints Pierre et Paul qui proviendraient de l’ancienne église. L’autel, beau spécimen de style flamboyant, avait été construit primitivement pour la chapelle de l’hôpital Saint-Erhard, comme le retable présenté dans la chapelle sainte Odile.
A sa base, sur les trois faces, sont sculptés, en haut-relief, les gardiens du sépulcre sous les traits de lourds lansquenets d’un étonnant réalisme : les uns dorment d’un profond sommeil, les autres s’étirent, éblouis par la scène lumineuse de la Résurrection.
Au-dessus de la table d’autel, les colonnettes, les pinacles, finement ciselés, s’élancent vers le ciel.
Au dessus de la grande niche dans une architecture d’une légèreté toute aérienne, est représenté, entouré de deux saints évêques, le Christ ressuscitant dans toute sa gloire.
La foi ardente et mystique de l’artiste, a su créer cette oeuvre si pure et si parfaite. « C’est la dernière floraison de l’art gothique chez nous » a-t-on écrit « c’est la plus chaste, la plus fervente des prières taillées dans la pierre d’Alsace par cet imagier du Moyen Age finissant. »

 

L’autel de célébration érigé au moment de la réforme liturgique est orné d’une icône des saints Pierre et Paul, frappée des armes du souverain pontife et de la ville d’Obernai ; réalisée à Monaco par la servante de Dieu Anna Maria R. iconographe italienne, elle fut offerte à l’église par le curé Dehan à l’occasion de son installation le 02 octobre 2005.
De superbes verrières du XV° siècle, provenant de l’ancienne église paroissiale démolie en 1867, très restaurées en 1894, forment un cadre merveilleux à l’autel du saint-Sépulcre. Ces vitraux sont de toute beauté pour leur coloris si chaud et d’une technique achevée dans leur exécution : harmonie de bleus profonds, de rouges ardents, d’ors atténués, sertis par un dessin large et décoratif, présentent sur des fonds richement damassé, l’un une Crucifixion, l’autre la Passion de saint Sébastien.
Au dessus de la figure de saint Sébastien, perdus dans la broussaille d’arbustes, on distingue deux bustes énigmatiques. Faut-il reconnaître les auteurs de ces panneaux ? celui de droite, à la barbe fleurie, serait Pierre Hemmel, dit d’Andlau(1425-1502) coiffé d’un feutre pointu ; l’autre, celui de gauche, Mathis Nithard, dit Grûnewald(1455-1522) son collaborateur un peu plus jeune, portant un bonnet à pointe rabattue.

Dans la chapelle de la Vierge trônait sur l’autel depuis 1951, une belle statue en bois de tilleul polychromé fin du XV° siècle, don de la famille Hutin-Linder. Assise en majesté, la Vierge porte sur une robe à discrète encolure un ample manteau retenu sur la poitrine par une patte. Les plis larges et profonds, convergeant en volutes élégantes vers le genou gauche pour retomber sous la forme d’un croissant, lui en drapent somptueusement le corps.
Cette splendide statue a été volée dans la nuit du 16 août 1975. Pour la remplacer, il a été demandé en 1987 au sculpteur Arsène Schirm de Kientzheim de réaliser l’œuvre que l’on voit aujourd’hui et qui fut peinte par monsieur et madame Schutterle.

Dans le transept est, la chapelle du Saint Sacrement dite de sainte Odile, séparée du reste de l’édifice par l’ancien banc de communion en fer forgé restauré en 2007, est ajourée par de gracieux vitraux historiés qui représentent des scènes tirées de la vie de la sainte. Sous ces vitraux s’étale une grande fresque, œuvre du peintre alsacien René Kuder figurant sainte Odile, céleste patronne de la cité, sous les traits d’une grande bienfaitrice, accueillant pèlerins, malades et infirmes.
Dans cette foule bigarrée qui l’invoque, on reconnaît des gens de tous les milieux sociaux à leurs costumes pittoresques et des infirmes atteints de toutes sortes de maladies. On y distingue le saint pape alsacien Léon IX, le prélat obernois monseigneur Caspar(1841-1917) des Missions étrangères de Paris, Vicaire apostolique de la Cochinchine du nord, l’archevêque de Strasbourg monseigneur Weber(1888-1981)sulpicien, l’aumônier militaire Umbricht (1873-1941) de la société des Pères Blancs missionnaires d’Afrique.

Le cimetière. A l’entrée du cimetière, à droite, le monument aux morts des deux guerres mondiales.
A la hauteur de la porte qui donne accès à la nécropole, à droite, uns inscription latine en lettres gothiques qui rappelle la pose de la première pierre du chœur de l’ancienne église paroissiale : 8 juillet 1465 en la fête de saint Killian.
Un calvaire de 1517 avec des statues de Paul Windeck, sculpteur originaire de Sélestat, et une fresque d’un peintre inconnu restaurée avec goût en 1937 par A. Dubois. Chapelle du calvaire au dessous du groupe sculpté, datant aussi de 1517, agrandie en 1696, restaurée en 1937 et ornée de fresques peintes par Robert Gall.
Pierre tombale de l’artiste-peintre Jean Guérin, strasbourgeois décédé à Obernai en 1836, portraitiste de Louis XVI et de Napoléon 1er. Tombe des frères jumeaux Blaise et Thiébaud Wolf, poètes. Monument funéraire de Dominique Speyser et de Jean Freitrich guillotinés pour leurs convictions religieuses sous le règne sinistre d’Eulogius Schneider en 1793. Mausolée du père du syndic-greffier Sébastien Frey, avec une vue partielle d’Obernai au début du XVIe siècle.