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Connaître sa vie : 1827-1891

Les grandes étapes de sa vie

1er juin 1827 : naissance à Obernai ;

30 octobre 1844 : entrée au Grand Séminaire ;

22 décembre 1849 : ordination sacerdotale en la cathédrale de Strasbourg ;

Été 1850 : maître de conférences en philosophie à l’École des Carmes à Paris ;

Été 1851 : directeur du collège Saint-Arbogast à Strasbourg ;

Octobre 1852 : chapelain de l’église Sainte-Geneviève à Paris ;

26 octobre 1855 : chargé du cours d’éloquence sacrée à la Sorbonne ;

3 février 1858 : professeur titulaire de cette chaire ;

17 juillet 1867 : doyen de Sainte-Geneviève ;

15 février 1869 : consulteur à Rome pour la préparation du concile Vatican I ;

27 décembre 1869 : nomination comme évêque d’Angers ;

18 avril 1870 : ordination épiscopale en l’église Saint-Louis-des-Français à Rome ;

24 avril 1870 : Père conciliaire à Saint-Pierre de Rome ;

27 juillet 1870 : installation à Angers ;

15 novembre 1875 : fondation de l’Université Catholique d’Angers ;

6 juin 1880 : député du Finistère ;

22 décembre 1891 : décès en son Palais épiscopal, actuellement « ancien évêché » qui jouxte la cathédrale Saint-Maurice à Angers.


Le prédicateur, professeur et écrivain

Chapelain de Sainte-Geneviève, il répond, dès la fin de l’année 1853 aux multiples sollicitations pour le ministère de la prédication dans de nombreuses églises de la capitale et à la chapelle du Petit Luxembourg pour la Toussaint 1859, 1860, 1861, 1862, pour l’Ascension et Noël 1864. À la demande de l’Impératrice, il prêche le Carême 1862 dans la chapelle des Tuileries.
Nommé chargé du cours d’éloquence sacrée à la Sorbonne le 26 octobre 1855, il est couvert d’éloges dès son discours d’ouverture du 10 décembre 1855. Titularisé par décret impérial du 3 février 1858, il tiendra cette chaire jusqu’à sa nomination de consulteur à Rome, en février 1869, pour la préparation du concile Vatican I.
Les Œuvres de l’écrivain représentent 41 volumes : 3 pour les discours et panégyriques, 10 pour les Œuvres polémiques, 9 pour les Œuvres pastorales et oratoires et les discours prononcés à la Chambre des Députés, 2 pour les Sermons inédits, 2 pour les Conférences de Sainte-Geneviève, prêchées devant la jeunesse des Écoles, 1 sur la Vie chrétienne pour les sermons prêchés à la chapelle des Tuileries pendant le Carême 1862, 1 sur la Révolution française, 13 pour les cours d’éloquence sacrée.Le panégyriste et orateur
Parmi les 22 panégyriques, ceux de Sainte Geneviève et de Saint Denis en 1854, de Saint Vincent de Paul en 1855, de Sainte Clotilde en 1857, de Sainte Jeanne d’Arc en la cathédrale d’Orléans le 8 mai 1860 et le 8 mai 1867, de Saint Germain d’Auxerre en 1860, Saint Jean-Baptiste en la cathédrale d’Amiens le 26 juin 1863, de la Bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé en la cathédrale de Tours le 7 avril 1872, de Saint Hilaire en la cathédrale de Poitiers le 19 janvier 1873, de Dom Calmet à Senones le 26 octobre 1873, de Saint Thomas d’Aquin en l’église Saint-Sernin de Toulouse le 7 mars 1874 méritent d’être cités. Parmi les 19 éloges funèbres, retenons celui du cardinal Morlot, archevêque de Paris, en la cathédrale Notre-Dame de Paris le 12 février1863, celui de Mgr Fournier, évêque de Nantes, en la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul le 30 juillet 1877, celui du cardinal Brossais Saint Marc, archevêque de Rennes, en la cathédrale Saint-Pierre le 2 avril 1878. Sa parole a été également sollicitée, notamment à Rome, pour l’histoire de la Papauté en l’église Saint-Louis-des-Français le 8 mars 1869, là-même où il reçoit l’ordination épiscopale le lundi de Pâques 18 avril 1870.

L’Évêque d’Angers
« À peine y avait-il été accueilli comme un don de Dieu et un sourire du ciel, qu’éclata le coup de foudre de la guerre de 1870. [...] Les revers de la France broyèrent son cœur ; mais l’âme du grand évêque s’éleva plus haut : "Aimons plus que jamais, s’écria-t-il, notre mère en deuil !" ». Il organise les ambulances installées au Grand Séminaire et dans les communautés religieuses, prescrit une quête en faveur des soldats français prisonniers en Allemagne, écrit une lettre au Roi de Prusse Guillaume 1er pour s’opposer à une éventuelle cession de l’Alsace à l’Allemagne, fonde l’Orphelinat de Notre-Dame-des-Anges qui accueille les premières orphelines de guerre le 2 août 1871 et l’Orphelinat agricole de Pouillé, Les Ponts de Cé, pour les orphelins de guerre en 1873.
La paix conclue, il s’occupe tout d’abord de l’éducation avec la fondation de l’École des Hautes études de Saint-Aubin sur le modèle de celle des Carmes, pour la préparation des ecclésiastiques à la licence ès lettres, de l’Externat Saint-Maurille à Angers et de L’Institution Saint-Louis à Saumur qui ouvre ses portes le 15 octobre 1872. En concertation avec les évêques des diocèses voisins, il crée l’Université Catholique d’Angers qu’il inaugure le 15 novembre 1875.
« Sa vigueur intellectuelle et son souffle d’apostolat » s’expriment dans ses 82 Lettres et Instructions pastorales, Mandements et Lettres circulaires qui illustrent « une activité dévorante grâce à une robuste santé dont il abusa jusqu’à suprême épuisement. Aucune des sollicitudes pastorales ne lui fut étrangère. Ses mandements sont un monument qui révèle un chef hardi dans ses initiatives, toujours sur la brèche, prêt à tous les dévouements. »

Le député du Finistère, 3ème circonscription de Brest
Après son élection du 6 juin 1880 sur la liste conservatrice du Finistère, il prend « une part des plus actives aux débats parlementaires, [...] un biographe constate que, de 1883 à 1889 seulement, il prononça à la tribune cent vingt discours. » - « Son mandat fut renouvelé en 1881, 1885 et 1889. Parmi ses discours au Palais-Bourbon, il faut placer au premier rang ceux qui ont pour but de sauvegarder l’éducation chrétienne de l’enfance, de défendre la liberté de l’Église, les droits du clergé et des ordres religieux. » - « Il réalisa à la Tribune, ce qu’il avait enseigné à la Sorbonne et pratiqué dans son ministère épiscopal, à savoir, qu’il n’y a rien de plus grand sur la terre que la parole de l’homme, quand elle sait mettre au service de la justice et de la vérité ce que Dieu lui a donné d’éloquence et de vie. »

Son décès
Mgr Freppel meurt en son Palais épiscopal le 22 décembre 1891. Durant les huit jours où son corps revêtu de ses ornements pontificaux fut exposé sur un catafalque dressé dans la crypte de l’Évêché, cent mille personnes dont plus de vingt mille pour le seul jour de Noël lui rendent hommage. Les funérailles sont célébrées le 29 décembre. Son corps repose dans le caveau des Évêques de la cathédrale. Dans l’attente de son transfert à Obernai, son cœur est déposé le 30 décembre 1891 dans la chapelle de la Sainte-Vierge de la maison-mère des Sœurs de La Retraite et placé le 16 janvier 1892 dans un monument érigé dans la chapelle Italienne de cette Institution.

Les monuments
Alexandre Falguière, Grand Prix de Rome de sculpture en 1859, a exécuté le monument funéraire en marbre blanc inauguré dans le croisillon nord de la cathédrale d’Angers le 13 novembre 1899. Le sculpteur Yves Hernot fils de Lannion, obtint l’exécution de la statue érigée en 1902 au Folgoët (Finistère). Le monument d’Angers élevé en 1923 et celui d’Obernai en 1924 sont l’œuvre de Léon Morice. La statue d’Angers a été récupérée par les Allemands en 1942 et remplacée par une sculpture en pierre en 1949 ; celle d’Obernai, démontée en 1940, transférée à Erstein mais préservée de la fonte, a été remise en place dès décembre 1944 par une unité du génie du 2e corps d’armée commandé par le général de Monsabert.
Depuis la réception de son cœur à Obernai, il y a 90 ans, le 21 juillet 1921, l’Alsace ne se souvenait plus guère de son éminent fils et « du grand Évêque qu’elle a donné à l’Église d’Angers. »

1. Au rez-de-chaussée de l’Hôtel de la Présidence du Sénat.
2. Réduite en cendres lors de l’incendie du Palais des Tuileries le 23 mai 1871.
3. Lettre du 20 décembre 1855 du ministre de l’Instruction publique et des Cultes à M. le Doyen de la Faculté de Théologie de Paris : « Veuillez le féliciter en mon nom et lui faire part des espérances que je me plais à fonder sur le mérite de son enseignement pour raviver au sein de la jeunesse sérieuse le goût des études théologiques. »
« Il vous a fait honneur, Messieurs, à la Sorbonne, où son cours d’éloquence sacrée, monument de science ecclésiastique, en révélant l’étendue de son savoir et la pénétration de son esprit l’a mis au premier rang dans le clergé de France, et désigné pour les plus hautes dignités de l’Église », extrait de l’allocution de Son Éminence le cardinal Luçon à l’Hôtel de Ville d’Obernai le 21 juillet 1921, La Semaine religieuse du diocèse d’Angers,
4 septembre 1921, p. 745.
5.Extrait de l’éloge de Mgr Freppel prononcé par Mgr Rumeau, évêque d’Angers, en l’église d’Obernai le 21 juillet 1921, La Semaine religieuse du diocèse d’Angers, 14 août 1921, p. 672.
6.Lettre-circulaire de Mgr l’Évêque d’Angers à MM les Curés du diocèse du 8 décembre 1870.
7.Lettre du 12 février 1871 de Mgr l’Évêque d’Angers à Sa Majesté le Roi de Prusse, La Semaine religieuse du diocèse d’Angers, 26 février 1871, pp. 454-458.
8.Cf. supra, note 5, extrait de l’éloge, p. 673.
9.Extrait de la Conférence faite à Paris dans la Salle des Sociétés Savantes par Mgr Rumeau le 19 mars 1912.
10.Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (A. Robert et G. Cougny).
11.L’Épiscopat français depuis le Concordat jusqu’à la Séparation (1802-1905), Librairies des Saints-Pères, Paris, 1907, p. 54.
12.Cf. supra, note 5, extrait de l’éloge, p. 674.
13.Cf. supra, note 4, extrait de l’allocution, p. 743.

Illustration : Collection iconographique de la Congrégation des
Petites Sœurs de Saint François d’Assise à Angers
 

Source : Service communication de l’église catholique d’Alsace