Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

Document Actions

Les compas au Cameroun

Une bande de copains compagnons scouts d’Obernai s’est lancé un défi voilà deux ans : partir au Cameroun pour aider la population locale. Objectif atteint cet été avec vingt jours passés en Afrique noire. Une expérience enrichissante que les scouts doivent finir de financer. Ils organisent pour cela un loto le 11 novembre à Meistratzheim.
Installer un éclairage public dans un quartier de la capitale camerounaise et consolider un caniveau qui souffrait de l’érosion, telle était la mission que s’étaient fixée les sept compagnons scouts (cinq garçons et deux filles). Le travail a été accompli. Au prix de deux ans d’intense préparation, découvertes et revirements.

Tout a commencé en 2010, quand sept scouts d’Obernai de dix-huit ans décident de mettre sur pied un projet de voyage à l’étranger. « Nous sommes les premiers d’Obernai à partir, assure l’un des membres de l’équipe Benoît Stahl. L’exotisme, la rencontre, la découverte et l’échange nous ont motivés à choisir un pays d’Afrique noire où aucun de nous n’est allé. »

Le choix du pays arrêté, le Cameroun, reste à se préparer pour la grande aventure. Un apprentissage qui durera deux ans. Première nécessité : trouver un but. « On a changé plusieurs fois, reconnaît Benoît. Au départ, nous étions en contact avec des sœurs mais cela n’a pas abouti. On s’est finalement mis en relation avec une association de jeunes sans frontières à Yaoundé qui œuvre pour améliorer la vie quotidienne dans le quartier. C’était finalement important d’être en relation avec d’autres jeunes. » Autre volte-face : les scouts avaient prévu au départ de réparer une route d’un quartier de la capitale délabrée par la pluie. Sur place, finalement, on s’est rendu compte que l’on n’avait pas assez de moyens et on a dû changer d’orientation. »

« On a goûté les spécialités locales comme le boa »
Puis la nécessité de se former au départ à l’étranger s’est fait jour. Notamment avec une immersion de trois semaines dans une ferme à Belfort pour apprendre à construire un poulailler. Grâce aussi à un stage de formation organisé par les scouts et guides de France. « Ils nous donnent des consignes et des conseils pour concrétiser un projet. »

Enfin, dernier volet de la préparation : la recherche de financements. « On n’avait jamais fait de démarches de ce genre et c’est plutôt compliqué, concède le compagnon devenu aujourd’hui chef. On a finalement reçu deux mille euros de subventions de la part d’une banque, d’une entreprise d’échafaudage à Barr et de la mairie d’Obernai. » Le reste a été financé par des travaux de jardinage, une soirée tartes flambées. L’organisation d’un loto le 11 novembre prochain permettra de rentrer totalement dans les frais. « On n’a pas eu le temps de l’organiser avant de partir », sourit Benoît Stahl.

Puis vint l’heure du voyage, du 24 juillet au 13 août. « On avait quand même un peu peur mais on essayait de ne pas trop y penser. » Préférant acheter sur place le matériel pour faire marcher l’économie locale, l’équipe de scouts s’est lancée dans les travaux. « On a réussi à finir. Les gens sur place étaient contents. »

Des visites très instructives ont aussi rythmé le voyage. Elles ont permis d’échanger avec la population locale, de découvrir le mode de vie rudimentaire des Pygmées, de récolter avec eux le cacao. « Les gens sont très sympas. Il est vrai que la chemise scoute aidait beaucoup. » Et d’ajouter : « La mentalité est totalement différente de la nôtre, notamment par rapport à la notion du temps et de l’argent. Ils vivent au jour le jour sans véritablement planifier. »

Parmi les souvenirs insolites : « On a goûté les spécialités locales comme le boa. » Verdict : bizarre et gélatineux.

Au final, le bilan de l’aventure est globalement positif. « À la hauteur de ce que nous imaginions ». Même si les regrets perlent : « On aurait aimé faire plus de chantier. On n’en a pas eu le temps. De plus, on avait le projet, avec l’association, d’acheter ensemble un moulin à céréales et légumes pour assurer un revenu à l’association qui lui permettrait d’entretenir les lampadaires mis en place. Cela n’a pas abouti. »

Si le point final à l’aventure camerounaise a été donné et que la plupart des compagnons sont devenus chefs, l’expérience reste dans les têtes. Les liens créés avec les membres de l’association sont entretenus sur la toile.

« J’invite tous les scouts à se lancer dans un tel projet. Découvrir et discuter avec les gens est très instructif. Tout comme aider les personnes dans le besoin et se sentir utile. »