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Le sacrement des malades

Le Sacrement des malades - Brève histoire

Dès l’Ancien Testament, comme dans toute l’Antiquité, on avait constaté que des applications d’huile apaisaient la souffrance, principalement celle des contusions (Lc 10,34). Peu avant le Christ, des textes juifs, qui seront repris par les écrivains chrétiens, parlent de l’huile qui coulait de l’arbre du paradis et qui guérissait les malades ; les auteurs chrétiens la verront couler de la croix. L’huile appliquée aux malades dès le début du christianisme était donc tout imprégnée de valeur religieuse. Une prière accompagnait cette onction et l’huile fut nommée « huile de prière » (début du IIIe siècle) : le terme est resté en usage en Orient.

Le texte principal du Nouveau Testament est celui de l’Epître de saint Jacques (5, 14-16)
« Quelqu’un parmi vous est-il malade, qu’il appelle les anciens de l’Eglise et que ceux-ci prient sur lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, ils lui seront remis. Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. »
Trois remarques sur ce texte :
1. Le malade n’est pas séparé de l’Eglise. La maladie n’est pas une impureté dont il faut se détourner, mais elle se vit dans une personne, un frère à assister. Jamais l’Eglise n’abandonnera ses malades : soulignons ce point avec force.
2. Le texte suggère que la maladie est une épreuve religieuse : c’est une question de salut. A une épreuve religieuse ne peut répondre que la foi. Cette foi est celle en la Résurrection, foi manifestée par le titre de Seigneur donné au Ressuscité et par le verbe « relèvera » qui servait à désigner la résurrection. L’onction d’huile faite au nom du Ressuscité, fait ainsi participer à la vie pascale. C’est le véritable salut.
3. Enfin le texte évoque le pardon des péchés. La foi doit être purifiée afin de participer pleinement à la Résurrection. Ce dernier point va durablement conditionner le rite du sacrement des malades en le liant au sacrement de la pénitence et de la réconciliation.

L’onction sur les malades, continuant un geste inspiré par Jésus lui-même (Mc 6, 13), va d’abord se spécialiser.
Les liturgies prévoyaient des aspersions d’eau ou des onctions d’huile sur les malades, accompagnées de l’imposition des mains.
Comme à l’époque, la réconciliation n’était donnée qu’une fois et souvent le plus tard possible, une célébration commune des deux sacrements s’instaura progressivement : l’onction des malades servait à guérir les corps, et la réconciliation à purifier les cœurs. Malgré des rappels en faveur du sacrement des malades comme « œuvre de miséricorde et non de pénitence », l’onction fut peu à peu réservée aux derniers instants : on sait l’influence encore actuelle de cette pratique. Le sommet est atteint quand, en 1173, le sacrement des malades, jusqu’ici appelé « huile sanctifiée », « huile des malades », prend le nom d’  « extrême-onction ». Le rituel du sacrement des malades insiste sur son influence corporelle. En témoigne cette prière du sud de la Gaule (VIIe-VIIIe siècle) :
« Quand nous donnerons cette huile, en onction et en boisson, afin de soulager les malades présents dans leur corps, que toutes les violences de la douleur sortent immédiatement de leur chair. Qu’elle serve de remède aux fiévreux, aux dysentériques. Qu’elle serve de remède aux paralytiques, aux boiteux, aux aveugles et à tous les infirmes. »
C’est la théologie du XIIIe siècle qui commence à insister sur la grâce de la guérison spirituelle. Le sacrement de réconciliation est reçu plus fréquemment, une certaine objectivité s’introduit dans les actes médicaux : « l’extrême-onction », comme on l’appelle, insiste davantage sur la paix avec Dieu au milieu de l’épreuve de la maladie. Ce sacrement agit principalement pour le salut de l’âme.
Les « derniers sacrements » comprennent alors : le sacrement de pénitence, le sacrement des malades et celui de l’eucharistie (le viatique : la nourriture sainte pour la dernière étape).
Depuis le concile Vatican II, le sacrement es malades est conféré pour permettre à une personne atteinte par la maladie ou le vieillissement de vivre cette épreuve en « ayant les sentiments qui furent ceux du Christ ». Il peut être célébré communautairement.

Conclusion : un sacrement pascal
Le Christ a porté le péché et les épreuves de l’homme, jusqu’à la mort. Dans la maladie, l’homme expérimente sa fragilité et ses limites. Il éprouve combien il est faible. Cette faiblesse à la fois physique et spirituelle (car l’homme est un tout) n’est pas sans rapport, en lui, avec le péché. Non pas que la maladie soit un résultat de son péché (Jn 9, 1-3), mais il existe une ressemblance entre les deux types de faiblesse : c’est l’homme tout entier qui est fragile. Ainsi la souffrance en devient-elle une épreuve plus redoutable.
Or, dans cette misère humaine qu’il a portée (He 4, 15), Jésus a placé avant tout la fidélité à son Père, celui-ci étant la source unique de la vie et du salut. Il donne sa vie dans le plus extrême dénuement, et cet acte vivifie les hommes. Quand un corps s’affaisse, quand les facultés défaillent, il reste possible de recevoir de Dieu, qui jamais ne rompt la communication, cette vie ressuscitante. Voilà ce que procure le sacrement des malades.

Source : Théo - L’encyclopédie catholique pour tous - La vie